Parapente

 Thierry parapente

Et pourquoi pas voler ?

Comme Icare et bien des hommes j’ai toujours caressé le rêve de voler, mais je n’avais jamais franchi le pas.

Le déclic s’est produit après mes amputations lorsque je suis tombé sur la photo d’un parachutiste unijambiste.

 unijambiste volant

Janvier 2002, Val Cenis en Haute Maurienne, aidé par la présidente de l’association Appash (Manu Jorcin), je rencontre un professionnel qui ne voit pas d’obstacle à ce genre d’expérience. Même si à l’époque mes prothèses ne me convenaient pas vraiment, il fallait seulement être capable de chausser une paire de skis et de glisser tout droit sur quelques mètres pour un décollage en biplace.

atterro biplace à val cenis avec Michel Trouche

Ce fût tout de suite du BONHEUR : sensation de glisse et d’être porté par l’air, découverte d’un silence apaisant, nouveau regard sur notre planète, découverte de la troisième dimension. Comblé de joies aussi intenses, je réitère deux fois cette merveilleuse aventure. Michel Trouche (le mono) me donne les coordonnées d’une école de parapente à Annecy.

Avril 2002, je suis l’un des stagiaires des Grand Espaces, école réputée pour son sérieux et sa démarche sécuritaire. Philippe Paillet, le boss, ancien kiné par ailleurs, me propose un forfait spécifique. En effet, avant de voler, il faut pouvoir et savoir décoller et atterrir. Et c’est là que le bât et les prothèses blessent.

Déco Montmin - Annecy

J’avoue que mes premiers pas en pente école furent éprouvants. J’avais du mal à courir, à me repositionner sous ma voile, bref mes pattes ne me suivaient pas. Mon rythme était trois fois plus lent que celui d’un valide, je transpirais toute mon eau, je passais un temps infini à récupérer des mes efforts et à panser les plaies occasionnées par des prothèses médiocres, alors que mes co-stagiaires faisaient leurs premiers vols après trois jours d’apprentissage. Cependant, petit à petit, j’arrivais à compenser et à me débrouiller : gonflage au sol avec et sans aide, statique dans un vent soutenu, petits sauts de puce.

Mai 2002, je suis au déco de Planfait (lac d’Annecy). Ma gestuelle n’est plus dangereuse. C’est ma troisième semaine de stage et je sais qu’aujourd’hui est un Grand Jour. Le vent est pratiquement nul, il va donc falloir courir à fond et tout "donner ". Je gonfle mon aile et les deux moniteurs (Eric et Didier) me donnent le coup de pouce pour ma fin de course en me poussant. Le début de mon rêve de vol autonome prend forme. J’exécute le plan de vol prévu et atterris correctement. Mes moniteurs sont encore plus émus que moi. Je ferai encore 6 vols cette semaine là avec plus ou moins d’aide au déco en fonction de la force du vent.

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