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Il y a des amputés depuis la nuit des temps.
L’histoire de l’amputation (et des prothèses) remonte à l’aube de l’humanité. Elle est liée au développement des civilisations et des cultures et aux découvertes et inventions dans le domaine de la médecine.
Plus on remonte le cours du
temps moins les traces d’amputations et de prothèses subsistent. Cependant,
les plus vielles traces d’amputations peuvent être retrouvées
sur des peintures rupestres préhistoriques datées de 36 000
ans. Elles montrent en négatif des empreintes de mains mutilées.
Les raisons de ces amputations peuvent s’expliquer par des croyances religieuses.
La
Main : symbole depuis 30 000 ans ,
grottes de Pechmerle,
de Lascaux,
de Chauvet.
Rahan et ses ancêtres (35 000 à 4 000 ans
avant J.C.)
enfin
"ceux-qui-marchent-debout ", au cours de leurs aventures ont
sûrement rencontré des amputés qui n’ont pas laissé
de traces.
D’ailleurs on peut facilement imaginer, dans ces temps
reculés, les malformations des nouveau-nés entraîner leur
élimination. Les handicapés (davantage hier qu’aujourd’hui)
étaient mis au ban de leur tribu car ils leur était impossible
de subvenir à leurs propres besoins et de contribuer à la vie
du groupe.
Ils pouvaient aussi bien représenter les colères du divin si
leur handicap était accidentel que des tentatives d’apaisement lorsqu’il
s’agissait de mutilations.
La fréquentation d’animaux sauvages était forcément risquée. De même que des guerres et des batailles à coups de haches et autres silex ont dû engendrer bon nombre d’amputés traumatiques.
Déjà les lois de certaines communautés avaient dû prévoir des châtiments tranchants et sans appel. Pour ne pas être en reste, les religions et les croyances en ont aussi mis une couche.
Comme les anesthésies étaient sommaires ou inexistantes, les antalgiques plutôt restreints (plantes médicinales locales connues), les antiseptiques raffinés (fumée, miel, pour la cautérisation l’huile très chaude), les outils "habituels " (scies, haches, voire mâchoires d’animaux), les pauvres malheureux n’avaient qu’une faible espérance de survie. Ajoutons au tableau le problème des hémorragies non maîtrisées. De plus les maladies ayant un rapport avec le culte religieux et les médecins tenant plus du chaman que du scientifique, tout cela diminuait considérablement les chances de pouvoir porter une prothèse un jour.
De toute façon, même s’ils sortaient vivant
de l’amputation, les infections guettaient et ... les décimaient !
C’est avec la naissance des civilisations que le développement de la médecine et la science des prothèses sont sortit des brumes. (vous dites inventions ? ou ce que les occidentaux n’ont pas inventé)
Les anciens égyptiens sont connus pour avoir pratiqué des opérations telles que la castration, l’élimination des calculs rénaux, les amputations, et les opérations sur les yeux.
La chirurgie des premiers grecs, largement pratiquée
sur les champs de bataille, semble héritée des égyptiens.
Hippocrate, (1 2) célèbre médecin grec du Vème siècle avant J.C., utilisait les ligatures contre les hémorragies et proposait l’amputation pour les sujets atteints de gangrène.
Très
fécond de par ses écrits, le médecin grec Galien
(131-201) a largement influencé la science de la médecine et
ce jusqu’au XVème siècle.
Comme Celse,
Aulus Cornelius Celsus et son " De medicina libri VIII",
un livre médical de grande valeur servant de référence
jusqu’à la Renaissance. Il y discute même de la greffe en chirurgie
plastique.
Ensuite et durant tout le Moyen Age, le système féodal européen empêcha les progrès. Les techniques chirurgicales développées par les Grecs et les Romains ne furent plus enseignées ni diffusées. C’était le retour de la barbarie et de l’ignorance. Les méthodes primitives étaient de nouveau employées : on coupe, on plonge dans l’huile chaude et on finit au fer rouge. Ceux qui ne succombaient pas aux pertes de sang ni aux infections étaient rares.
Les conditions de vie étaient âpres. Les soins étaient souvent prodigués par des moines qui avaient pu recevoir un enseignement (en latin) ou par des charlatans.
Comme par le passé, la plupart des amputations étaient
dues aux batailles mais aussi à la lèpre, à la gangrène.
Les Gaulois, latinisé et évangélisés
( III au IVème siècle), durent faire face à de nombreux
envahisseurs : Francs, Wisigoths, Normands, Huns et Sarrasins. Pourtant,
en orient
les idées des grecs étaient reprises et la science faisait de
nouvelles découvertes...
Le pays (la France actuelle, mais aussi l’Europe entière),
morcelé, était en proie aux disputes intestines. Pauvreté,
misère pour le peuple et assise du pouvoir ecclésiastique obstinément
farouche à tout ce
qui peut ébranler les dogmes et principes religieux (autopsie)
.
Les royautés qui suivirent ne furent pas plus fécondes. Peu
de médecins issus éventuellement des nouvelles universités
crées.
Et depuis Crécy (1346) on peut ajouter aux causes d’amputation la poudre les canons et autres mousquets.
Enfin la Renaissance (redécouvertes, progrès, découvertes, inventions).
Ambroise Paré
(+ sur Paré 1
2 3
4)
(1509-1590) considéré
comme le père de la chirurgie moderne, instaura la ligature des artères
en lieu et place de la cautérisation après une amputation en
1552 au siège de Damvilliers. Mais ce fut aussi un grand concepteur
de prothèses.
En 1540, Valerius Cordus (+ sur Cordus 1)synthétise de l’éther. En 1628, Harvey décrit la circulation sanguine. En 1665, première injection intraveineuse d’opium à l’aide d’une plume d’oie.
Les chirurgiens de la marine (obligatoires sur les bateaux négriers depuis 1681) disposaient à bord des navires de médicaments et d’instruments.
Certains chirurgiens ont marqué leur époque.
Tel le baron Larrey
dominique Jean (1766-1842)
(+ sur Larrey ), chirurgien-chef de la 14e armée, il est envoyé en Catalogne : Les sept cents blessés de la bataille de la Sierra Negra seront tous, dans les meilleurs délais, opérés et pansés par ses soins. Il suit la Grande Armée dans toutes ses campagnes : Allemagne, Espagne (1808), Autriche (où il ne peut sauver le maréchal Lannes), Russie. Après la sanglante bataille de Borodino (Russie), il opère deux cents blessés par sa méthode extrêmement rapide d’amputation (à lambeaux circulaires). Cuisse en 4 minutes, bras en 12 secondes.
D’autres
sont
des amputés célèbres :
juillet 1797, la mer avec les canons, c’est Nelson
qui y laisse son bras droit.
Lannes Jean (1769-1809) maréchal d’Empire (1804), à Essling, un boulet lui fracasse les genoux et il meurt des suites de l’amputation.(mort de Lannes par Larrey).
Les découvertes permettent de nouvelles avancées grâce à Pasteur (1822-1895) et sa théorie d’infection par les germes.
Les
techniques
d’amputation s’affinent comme avec James Syme,
considéré comme le plus grand chirurgien de son temps. Il effectue
des amputations au niveau de la cheville à partir de 1842.
L’utilisation du Chloroforme à partir 1847 par Simpson. Snow invente un inhalateur.
Lister (1827-1912) introduit les principes d’antisepsie en chirurgie. A partir de 1850, les méthodes deviennent "scientifiques" et les travaux de Pasteur vont révolutionner l’antisepsie.
Arthur Rimbaud
(1854-1891) amputé de la jambe droite, meurt à l'hôpital
de Marseille.
Ollier L. (1830-1900) pionnier en chirurgie osseuse et articulaire.
On en arrive à la Guerre de Sécession
(1861-1865), à et aux deux Guerres Mondiales. Les perfectionnements
des techniques sont incessants ; auparavant, les handicapés étaient
délaissés, et la chirurgie était trop mutilante. Maintenant
il devient possible de se faire amputer sans risquer sa vie et d’envisager
une suite active (par opposition à passive).
Sir Douglas Bader, héros de la R.A.F. (39-45), amputé
fémoral et tibial après un accident d’avion, réussit
à réintégrer l’armée et repiloter des chasseurs
avec deux prothèses.
Les immenses progrès réalisés en médecine (chirurgie, anatomie, système vasculaire, système nerveux, bactériologie) et les nombreux candidats dus aux conflits armés ont permis de faire grandes avancées dans le domaine de l’amputation. Et cela continue...
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